

Performance poétique autour des enjeux planétaires liés à l'eau, amplifiés par la problématique mahoraise portée par l'artiste trinidadien et résidant japonais Marlon Griffith, WE WILL NOT BOW [Nous ne ploierons pas] témoigne de la diversalité de l’expérience ultramarine, de l’archipel des Comores à celui du Japon.
La prise de conscience de la réalité ultramarine des populations vivant à Mayotte, alliée à la morale philosophique du conte japonais autour de la figure du Kappa [1], est inscrite dans une déambulation aux abords des points d’eau du Parc de Belleville, desquels les performeuses et performeurs puisent leur subsistance. Ainsi, si les Kappa ne ploieront pas sous la charge, ils inclineront néanmoins la tête — pourvue d’une fente pour préserver l’eau de la survie dans l’histoire originale, juchée d’un réceptacle en céramique pour la transvaser dans son adaptation artistique — afin de remplir les réservoirs d’eau les uns des autres.
Venant à en manquer, ils seront forcés à l’arrêt.
Avec
Alexandre Bachelard
Alice Delva
Andrea Colangelo
Angele Maethangkool-Robert
Aurélien Labenne
Chloé Loth
Eric Stieffatre
Hakima Sinekli
Judith Arazi
Kevin Franc
Laure Fleitz
Lin Chun-Ting
Lohick Madiele
Margot Rubio
Maxime Pairault
Maya Kawatake-Pinon
Melen Cazenave
Mijeong Yang
Morgane Deas
Olivia Bouis
Philippe Mesia
Remi Boucharny
Salvatore Capello
Thalia Pigier
Thibaut Michel
Victoria Brun
Yannick Naprix
Yukino Narasaki
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Geste de transmission et mise en lumière de savoir-faire endémique de la Guyane, L’Art de naître, nouvelle installation textile et vidéo de Tabita Rézaire, est une réponse douce et spirituelle au réenfantement de l’être dans un monde toujours plus violent et déshumanisant pour les corps féminins racisés. Évoquant l’antichambre de la vie, ainsi que l’utilisation, dans certaines pratiques ancestrales, de décoction de graines pour stimuler la lactation, la structure architecturale en calice d’hibiscus invite à la découverte de la pharmacopée guyanaise, et à l’écoute de ses femmes doula [2]-de tradition marronne ou amérindienne - nous initiant, au cœur de la nuit, aux mystères de la maternité.
Avec
Accoucheuses
Myriam Kérel
Odette Majokko
Noria Majokko
Passionise Yapara
Teinturière
Natasha Ndjae, assistée par Tilio Leuci
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Restitution contemporaine de l’œuvre de la figure historique de l’homme d’armes et maître de musique, fleurettiste et violoniste d’origine guadeloupéenne Joseph Bologne de Saint-George, Saint-George en Mouvement(s) : Chevalier virtuose entremêle musique baroque, danse contemporaine et escrime actuelle dans un opus musical et chorégraphique en trois volets orchestré par le violoniste Romuald Grimbert-Barré et la chorégraphe Johana Malédon.
Oscillant entre la dualité d’une gestuelle codifiée et de mouvements improvisés induits par des partitions parfois lacunaires, cette création originale invite à une réflexion transhistorique sur le destin singulier d’un homme extraordinaire, esclave de naissance devenu homme de couleur libre et éduqué dont Paris tomba sous le charme au Siècle des Lumières et des Abolitions. Passé à la célébrité sous le nom de Chevalier de Saint-George, c’est son portrait, autant que celui de la ville qui contribua à le façonner, qui est présenté ici en filigrane.
Johana Malédon
Direction chorégraphique
Romuald Grimbert-Barré
Direction musicale, soliste
Orchestre à cordes de la Garde Républicaine sous la direction de Sébastien Billard
Scoring Productions - Jonathan Grimbert-Barré
Création musicale
Danseurs / Danseuses professionnel/les
Jeanne Garcia
Chloé Moynet
Tidgy Chateau
Samy Blond
Sophie Courtin
Musiciennes danseuses
Eléonore Grimbert-Barré
Anna Swieton
Danseurs / Danseuses bénévoles
France Attigui
Elodie Baldacchino
Maella Bailleul
Capucine Bartholi
Adrien Chaigneau
Simon Chereze
Caroline Chevalier
Grégroire Fesneau
Maud Lise Flourie
Josephine Hassid Langlois
Alix Hoveler
Larysa Joseph
Delphine Mayeko
Marien Mazzoni
Louise Melli
Silja Poisson
Federica Scarfo
Sandra Trudin
Katerina Tverdokhlib
Olivier Bonin
Maître d’armes et directeur de l'associationCOPC Escrime
Escrimeurs / Escrimeuses de l'associationCOPC Escrime
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La nouvelle création chorégraphique, et première parisienne de Soraya Thomas, est un défilé punk rock déconstruit, à l’image du podium, élément central du défilé de mode, éclaté en modules épars qu’arpentent des figures masculines dans tous leurs états. Car c’est une déconstruction de l’image hégémonique de l’homme occidental que propose ici l’artiste, comme le suggère le titre équivoque d’une pièce composée uniquement de quatre figures masculines, Les Jupes.
Ce décentrement, ou retournement, du regard féminin minoritaire sur le corps masculin dominant nourrit l’intérêt de Soraya Thomas pour les processus de déconstruction des canons et symboles liés à la masculinité, au corps et à l’autorité soumis au rythme de la marche militaire et autres mouvements processionnels.
Soraya Thomas
Chorégraphe
Maëva Curco-Llovera
Assistante de la chorégraphe
Interprètes
Piero Dubosc
Adrien Martins
Gwendal Raymond
Jules Martin
Erick Lebeau
Collaboration musicale
Christophe Bruyas
Nicolas Rapeau
Création lumière
Juliette Adam
Costumes
Camille Constant
Soraya Thomas
Création scénographie
Frédéric Dussoulier (Réunion)
Cédric Perraudeau(France hexagonale)
Construction scénographique
Frédéric Dubreuil
Régisseur général
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La forêt de lumière du musée du quai Branly — Jacques Chirac accueille fresques et découpes monumentales de Ronald Cyrille pour recréer le paysage contrasté du conte créole et son bestiaire de figures zoomorphes ou anthropomorphes — selon la perspective décentrée de l’humain et de l’animal caractéristique de l’imaginaire caribéen où chyens (chiens) déparlants et guiabless (diablesses) aux pieds fourchus se côtoient l’espace d’une nuit. Rythmée par les accents des tambours ka pourvoyeurs des mouvements de la musique et de la danse gwo ka, l'Antre-deux signe aussi l’aboutissement d’expérimentation avec la modélisation en trois dimensions mise au service de la perpétuation de la pratique du mas (masque).
Danseurs / Danseuse
Julien Béramis
Ludovic Bibeyron
Elodie Paul
Musique
Basile Andrieu
Arnaud Dolmen
Stéphane Nabajoth [Lakou Sinobôl]
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Mu par la puissance du mas, tradition carnavalesque militante de la Guadeloupe auquel le rythme accéléré donne des allures de marche militaire, Déboulé céleste est l’aboutissement de la réflexion de Raphaël Barontini sur la mise en mouvement de formes picturales monumentales au service du collectif. Avec Déboulé céleste, Barontini s’inscrit pleinement dans une esthétique afro-diasporique du mouvement collectif, dont son expérience a récemment été nourrie par les Second Lines et Black Indians de La Nouvelle-Orléans et librement inspirée du Hosay de Trinité-et-Tobago. Ainsi, le combat de la Lune et du Soleil, au centre de ce rituel d'origine Hindoue, créolisé dans La Caraïbe, devient une battle entre deux groupes de mas : le groupe de tambours à peau Choukaj et le groupe à caisses claires Bully Mas. Le tout forme une performance processionnelle avec une aura afro-futuriste caribéenne, servie par la dimension déambulatoire, et insulaire, de l’allée des Cygnes, aussi connue sous le nom de l’Île aux Cygnes.
Musique
Choukaj
Bully Mass
Bernard Quental
Speaker
Danseurs / danseuses
Andrège Bidiamambu
Marvin Cita
Tatiana Kiowa
Mounir Amhiln
Fabien Maitrel
Diana de Paoli
Baptiste Garraway
Thomas Greaux
Lekoumson
Les costumes des musiciens sont réalisés dans le cadre d'un partenariat entre l'École Duperré et le Studio Barontini
Mathieu Buard
Coordination du projet
Avec les classes DN MADE 1: Mode Image ;Licence Métiers de la mode
Professeurs responsables
Thom Friedlander
Coline Faucon
François Jullien
Mathieu Buard
Muriel Babandisha(Studio Barontini)
Coordination Projet
Courtoisie : Mariane Ibrahim Chicago, Paris,Mexico City
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Comment figurer l'Humain à l’aune des enjeuxcontemporains tels que la migration des populations, la diasporisation des peuples et l’atomisation du vivant ? Tel est le défi posé par Lucioles, performance théâtrale aux accents choral et opératique dirigée par la metteuse-en-scène et dramaturge Astrid Bayiha, en collaboration avec Délie Andjembe et Stéphanie Coudert, autour de la poésie de Patrick Chamoiseau. Ensemble, elles entraînent le public dans une traversée au cœur d’une scénographie immersive nimbée de bleu outremer, plongeant le casting d'interprètes multiculturels et le public à la confluence de la mer Méditerranée et de l’océan Atlantique. Le mot ACCUEIL surplombe la scène, où chacun devient acteur de la destinée de l’autre, symbolisé parla figure de la luciole qui tentera de diffuser sa lumière.
Astrid Bayiha
Adaptation, dramaturgie et mise en scène
Délie Andjembe
Création musicale et interprétation
Stéphanie Coudert
Création costumes et scénographie
à partir d’extraits de Frères Migrants et Faire-Pays de Patrick Chamoiseau
sur une idée originale de Claire Tancons
Avec
Zina Alhalak
Délie Andjembe
Valentin de Carbonnières
Nelson-Rafaell Madel
Mexianu Medenou
Karine Pédurand
Juliette Savary
Antonin Léger
Ingénieur du son
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L'heure du coucher du soleil parisien est marquée par une performance dont la lumière est le révélateur dans The Mirror is You, où expérimentation artistique et improvisation théâtrale s’immiscent. Du cœur de cette grande installation et performance sur toile, irradient les miroirs brisés du destin humain personnel et collectif dont les arènes de Montmartre forment l’écrin. La dramaturgie de la transformation de la matière s’y mêle au drame de la migration humaine dans le récit non-linéaire de la grande migration multi séculaire de la famille Arceneaux, de l'Acadie à la Californie en passant par la Louisiane. L'artiste américain Edgar Arceneaux, résidant californien et descendant de cette longue lignée créole, et l'acteur américain Alex Barlas, transmettent la mémoire de l'expérience française aux Amériques, et plus largement, de l’essence de l’expérience américaine, pour ouvrir une réflexion plus large sur les mouvements diasporiques contemporains.
Co-écriture et acteurs
Alex Barlas
Frank Lawson
Nomadico
Composition
Ratri Anindyajati
Production
Xiaoyue Zhang
Production Manager
Rarara!
Société de Production
Ron Clark
Direction photographique
Tyson Clark
Assistant direction photographique
Christie Ferriter
Lumière
Yuki Ding
Scénographie
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Ride anarchique ? Manifestation contestataire? WÉLÉLÉ !!!, la performance de masse imaginée par Kenny Dunkan, dont le titre emprunte à une locution créole évoquant la joie festive et collective, participe et de l’esprit émancipateur du mas et de la dynamique libertaire de la glisse. Carnaval et skateboard, dont la dimension fondamentalement politique de l’occupation spatiale est souvent occultée, ou récupérée, est recouvrée pour visibiliser la dimension désormais ouvertement multiculturelle d’un sport urbain et de ses protagonistes parisiens. Du parvis de l’Hôtel de Ville aux couleurs des Jeux olympiques et paralympiques 2024, rappelant l’accession du skateboard au rang de discipline olympique, à la place de la République, spot mythique de la Capitale, des dizaines de skateurs seront transformés en beatbox humaines, émettant chacun le chant nocturne d’une créature différente, de la sérénade crépusculaire des oiseaux à la stridence lancinante des grenouilles, pour former un vaste sound system mobile. Ensemble, ils transformeront à leur tour l’expérience nocturne par la symphonie déambulatoire ainsi composée, aux contours aussi poreux que la nuit elle-même.
Théo Clark
Vidéaste
MC
Matthieu Forafo
Mathias Thomer
Idriss Diop
Ludovic Arcens
Coordination skateurs et performeur
Performeurs
Max Labarre
Amad Karamo
Axel Guerillot
Max Garcia
Abel Bourbouze
Alan Buenfil
Aldair Chaouche
Alexis José Garzon
Alexis Hervier
Amiel Kornicki
Antoine Couapel
Arnaud Corbion
Carmen Moreno Alvarez
Eduardo Brito Viana
Elisa Esposito
Eloi Toussaint
Emmanuel Guilloteau
Fabricio Weslen Santos Oliveira
Felix Mege
Georgina Batu
Heloise Pyot
Inès Bouguetaya
Isaak Ruga
Moustapha Diasse
Jules Arnoult
Kevin Wisleder
Lancelot Fouzer Ducruet
Lou Gardet
Lucas Jorge
Maily Beyrens
Michael Torchon Joao
Nalli Souprayen
Raphael Charrier
Seydi Diarra
Sophia de Souza
Sophia Hamdouch
Théophile Marty
Titouan Favé-Caille
Yoan Saunier
Yonah Taieb
Youen Robert
Jean Eliude Morais Viana Martins
Boris Loeve
Leo Ghainder
Fatoumata Dembele
Nicolas Fedide
Tom Sahores
Louis Griesser
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La première projection en plein air du film Koropa de Laura Henno appelle à l’expérience immersive de la nuit dans la nuit pour rendre sensible l’interrelation des enjeux migratoires de l’ici où nous nous situons, au là-bas où nous sommes projetés et où nous nous projetons. Ce film au suspense haletant, navigant à la frontière de la fiction et du documentaire, est rivé au regard inquiet de Patron, un jeune garçon et apprenti « Commandant » dont nous suivons l’une des traversées aller-retour Comores-Mayotte. Ainsi embarqués dans le dilemme moral du spectateur, nous sommes invités à réfléchir le droit de la mer comme miroir réfléchissant de nos consciences.
Laura Henno
Réalisation, image et son
Avec
Beni
Patron
Filmés dans le canal du Mozambique, entre Anjouan et Mayotte
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Trois générations d'artistes contemporains d'origine martiniquaise issus de l'art, de la musique et de la danse (re)donnent souffle au verbe anticolonial de Frantz Fanon dans le cadre d’une collaboration inédite où danse et percussions s'appellent et se répondent dans l’atrium du Théâtre de la Ville – Sarah Bernhardt. En croisant les derniers mots d’Éric Garner avant sa mort (« I CAN’T BREATHE » ou « Je ne peux pas respirer ») avec l’analyse psychanalytique de Fanon sur les conséquences psychosomatiques des traumas coloniaux, la dramaturgie de Jean-François Boclé fait saillir les tensions musculaires du corps colonisé, tandis que Julien Boclé chorégraphie le mouvement des muscles respiratoires et que Thierry Pécou en régule le rythme par la percussion.
Jean-François Boclé
à partir d’extraits de Peau noire, masques blancs, L’An V de la révolution algérienne et Les Damnés de la Terre de Frantz Fanon
Julien Boclé
Chorégraphie et mise en scène
Thierry Pécou
Composition
Danseurs / Danseuse
Jade Lada
Lilian Damango
Sofiane El Boukhari
Julien Boclé
Loïc Elice
Yonas Pérou
Elisa Humanes
Percussions
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Dans cette nouvelle performance du Cycle de Rūmia, Orama Nigou incarne l’entité divine Rūmia, mère fondatrice du monde rendu à son état fondamental dans la nuit polynésienne, Pō.
Elle revisite pour ce faire la figure du deuil leur rituel polynésien dont elle déconstruit la cape traditionnelle en plumes de pigeon royal en une fine étole de plumes de coq rouges et de canard vertes, fil conducteur d’une réflexion sur la perte des traditions autant que sur l’extinction des espèces — plumes de coq et de canard remplaçant celles du pigeon royal dont ne subsistent que quelques spécimens sur un atoll.
Un masque vient parachever la parure de ce dispositif performatif. La performance, réitérée trois fois pendant la nuit, laissera la place à une installation de la cape et du masque portés par l’artiste pour matérialiser l’acte vécu, telle la trace mémorielle d’une métamorphose.
Ponihere Hopuare
Assistante de l’artiste
Pierre de Nicola
Image
Eremoana Ebb
Son
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Kaldûn Requiem ou le pays invisible est une grande machine narrative entre le spectacle son et lumière et la comédie musicale, renouant les destins croisés des révoltés communards, kabyles et kanaks de la fin du XIXe dans leur exil calédonien — exil punitif pour les deux premiers, exil intérieur pour les derniers, les uns comme les autres luttant contre la dépossession de leurs terres et de leurs idéaux. Cette adaptation de la pièce de théâtre Kaldûn, créée par et pour le Théâtre de Sartrouville sous la direction de Abdelwaheb Sefsaf, est servie par une scénographique spectaculaire avec la basilique du Sacré-Cœur pour toile de fond, et le square Louise Michel pour plateau. Elle rend tangible la monumentalité de la répression coloniale — et de la résistance contre elle.
À la cale d’un navire où se retrouvent les révoltés pour conspirer dans l’allégresse de l’esprit de rébellion, répond la sculpture monumentale du crâne du guerrier Ataï dans ce nouveau Golgotha.
Abdelwaheb Sefsaf
Texte et mise en scène
Avec
Laurent Guitton
Malik Richeux
Abdelwaheb Sefsaf
Rémy Hnaije
Composition musicale
Ensemble Canticum Novum :
Emmanuel Bardon
Henri-Charles Caget
Spyridon Halaris
Léa Maquart
Artyom Minasyan
Aliocha Regnard
Gülay Hacer Toruk
Aligator (A. Sefsaf / G. Baux)
Composition musicale
Georges Baux
Direction musicale
Henri-Charles Caget
Arrangements et adaptation musicale
Souad Sefsaf
Scénographie
Florian Poulin
Création du crâne
Emmanuelle Thomas,assistée de Mélodie Barbe et Isaure Lecœur
Costumes
Simanë Wenethem
Chorégraphie
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La figure du pyékoko - cocotier, en traduction française du créole martiniquais - récurrente dans le travail de Gwladys Gambie devient métaphore de ces corps-autres, de cette autre-mer, de ce lointain, ne demandant que respect de sa différence - à vrai dire pour qui l’est-elle, différente ? Brodée sur la robe démesurément longue portée par les échassières, le pyékoko devient idée-image et transforme la femme-pyékoko en corps-paysage dans le cadre de la performance déambulatoire et de la projection monumentale qui composent le projet Zumbi.
L’origine de la broderie de la robe des échassières, que l’on pourrait qualifier de « maritime » – est inspirée de la tradition de broderie de Vieux-Fort, en Guadeloupe, dont l’origine remonterait à l’arrivée de marins et/ou de groupes de demoiselles à l’époque coloniale –permet ici de relier la Guadeloupe où la robe fut réalisée, et la Martinique dont est originaire l’artiste, à la grande ville maritime de Rouen. Des derniers rayons du soleil rouennais s’infiltrant dans les jours de la robe, à la nuit impénétrable qui s’ensuivra, les échassières évolueront au sein du Jardin des Plantes puis au cœur du centre-ville, de la Cathédrale Notre-Dame de Rouen au musée de la Céramique. Au cours de ces trajets, les performeuses inviteront le public à s’immerger dans l’univers d’une nature bataillant pour ne pas tomber sous les coups du réchauffement climatique,
ni plus que sous les rafales des cyclones réels et métaphoriques, des préjugés qui provoquent rejet, racisme et misogynie.
La résilience d’être toujours doubout’ - debout - face à ces vents contraires, telle peut être une interprétation de la performance de ces échassières incarnant – plus qu’une robe, plus qu’une femme, plus qu’une figure spectrale, mystique même - un bouleversement prochain.
Adeline Chapin [Calendé]
Tèt chaudière
Sandrine Ramdaya
Wob moko
Djénaye Jesophe
Zumbi